J’ai appris que j’étais enceinte avec le retour du mal des transports que je n’avais pas ressenti depuis au moins 20 ans ! C’était lors d’un week-end chez des amis où je me revois leur dire combien leur riz était bon et que je ne voulais manger que ça !

« J’ai l’estomac un peu en vrac en ce moment, une gastro sans doute... »

   Mais malgré les signaux, je ne percuta pas tout de suite. Se fût mon compagnon qui me suggéra la chose:

       « Tu es peut être enceinte…

       - ?!? je croyais que tu voulais que l’on attende un peu ?

       - Oui mais dans la joie des retrouvailles !... »

      Whaouh! Ça y est, c’est maintenant donc ! Incrédulité, surprise, perplexité aussi : les nausées, l’énergie dans les chaussettes, ça ne collait pas du tout avec mon image de la femme enceinte wonder woman que j’avais !

 

        Mon test de grossesse acheté, la pharmacienne m’informa que s’il était positif, il fallait prendre rendez-vous avec un médecin. Je me retrouva docilement chez le médecin sans vraiment comprendre pourquoi. J’en ressorti avec une liste de choses improbables auxquelles il fallait faire attention, et une ordonnance pour une consultation chez un gynéco à faire dans le courant du 3ème mois de grossesse.

        Toujours aussi docilement, je me retrouva chez une gynéco ahurie que je ne l’ai pas consultée plus tôt. Il était tout à fait clair que j’étais « parfaitement irresponsable de prendre tout cela à la légère ». En face, j’étais encore vaseuse, nauséeuse. C’est cet état que je ne comprenais pas. Pour les blouses blanches c’était normal, ils ne perdaient donc pas leur temps à me rassurer. Par contre pour me fournir de nouvelles sources de préoccupations ils étaient là : le dépistage pour la trisomie, vous voulez le faire ? Pas de toxoplasmose, vous ferez des prises de sang tous les mois, il faut surveiller ça. Autant vous dire que j’aurais préféré une explication posée du suivi de grossesse, ne culpabilisant pas mon ignorance en la matière, plutôt que de le découvrir au coup par coup. Bref.

      Arrivée bientôt à la fin du 1er trimestre de grossesse, je me hasarda à demander à la gynéco:

       « Et la sage-femme, c’est à quel moment qu’on la rencontre ? La maternité, c’est quand que ça se visite ? »

Réponse implacable :

         « Quand je vous le dirais »

       Ah ! Enfin, la phrase qu’il me fallait pour que je tilte ! Non mais, je ne suis plus une gamine ! Et je n’ai pas l’intention d’être leur pion qu’ils déplace à leur guise de service en service ! Déconfite, vaseuse mais plus docile, je pris le train (j’aurais moins la nausée!) pour aller voir ma meilleure amie, Alice. Elle est sage-femme, elle saura bien m’expliquer cet imbroglio médical dans lequel tombent les femmes dès que le test est positif !

 

        Sages-femmes VS gynéco ;

        Sages-femmes en maternité VS sages-femmes libérales ;

       Sages-femmes libérales qui ne font que le suivi de grossesse et la prépa, mais pas l’accouchement VS celles qui vous accompagnent tout du long !

       Vaseuses et paumées, il nous faut être courageuses et clairvoyantes. En effet, il nous faut cerner et comprendre tout le système médical pour ne pas en être tributaire, ne pas le subir et pouvoir vivre notre grossesse et notre accouchement selon nos besoins.

      Courageuses pour garder le cap de nos valeurs et ne pas se trahir quand tout le suivi médical nous rappelle que nous sommes fragiles et vulnérables. Certes, mais on oublie souvent de nous dire que l’on est fortes, belles et complètement capables de porter la vie et de mettre au monde.

    En plus d’avoir rencontré tout l’éventail du personnel médical, j’ai déménagé trois fois pendant ma grossesse. Je pense pouvoir dire qu’une femme enceinte a surtout besoin de stabilité, d’écoute et d’encouragement. Ses envies ne sont pas des lubies mais le reflet de besoins profonds dont l’assouvissement est nécessaire à l’épanouissement de sa vie intérieure.

       Rencontrer sur son chemin des sages-femmes capables d’un réel accompagnement sur du long terme est la chose la plus précieuse qui puisse être offert à une future mère. Une sage-femme, comme un phare pour les marins, en qui l’on a confiance et dont on sait qu’elle sera toujours là.

       Les sages-femmes libérales qui choisissent d’accompagner les accouchements (en plateaux techniques ou à la maison) sont de celles-ci. Il serait temps de comprendre que de nombreux parents en ont besoins et ainsi faciliter leur exercice plutôt que de leur compliquer l’existence.

Témoignages

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Lieu dit Peyrusse

23430 Chatelus-le-Marcheix 

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